Un film angoissant, qui sait jouer sur nos peurs les plus primaires avec un appareil photo. Tel est mon résumé avec SPOILERS de Shutter.

Shutter est un film thaïlandais (et asiatique) comme je les aime. Terriblement angoissant sans avoir besoin de déverser des litres d’hémoglobines. Il joue plutôt sur nos peurs les plus primaires et nous les ressort en plein visage.

Petit rappel du résumé : Tun et sa compagne Jane reviennent d’une soirée en voiture lorsqu’ils percutent une jeune femme. Alors que Jane souhaite s’arrêter, son compagnon refuse et l’incite à repartir. Peu de temps après, Tun est confronté à d’étranges phénomènes. De mystérieuses tâches blanches apparaissent sur les photos qu’il prend. Le jeune homme décide de mener l’enquête…

Au début du film, Jane rencontre pour le première fois les amis d’université de Tun. Tous célèbrent le mariage de l’un d’entre eux. Sur le chemin retour, Jane renverse une jeune fille en uniforme scolaire. Elle est choquée et désire lui porter secours mais Tun la pousse à démarrer et à partir.

Au fur et à mesure du film, les phénomènes s’amplifient et rapidement, Jane comprend que Tun lui cache des choses. Il devient en effet bientôt l’unique victime des phénomènes. Jane décide donc de mener l’enquête de son côté. Elle reçoit l’aide inattendu de l’esprit qui lui indique où chercher à l’aide des photos qu’elle prend. Elle utilise un appareil polaroïd sur lequel il apparait. Elle trouve ainsi des prouves des mensonges de Tun à l’université et chez lui.

Jane finit par apprendre que la jeune femme était une ancienne petite amie de Tun, Natre, qu’il a rencontré à l’université quand il était étudiant. On apprend que lorsqu’il a rompu avec elle, elle a mal pris leur séparation et a tenté de le faire changer d’avis. Lorsqu’il s’en est plaint à ses amis, ces derniers lui ont qu’ils allaient « régler le problème ». Ils ont violé la jeune femme et ont demandé à Tun de prendre une photo afin d’avoir un moyen de pression sur elle. Rentrée chez sa mère, elle a fini par se suicider.

Devenue un esprit, Natre revient hanter ses tortionnaires. Elle harcèle les 3 hommes qui l’ont agressée et les pousse au suicide. On suit les tourments de Tun ; il est évident que c’est ce qu’on vécu ses amis. Natre est un esprit portant un uniforme scolaire ensanglanté. Son visage est couvert de sang, ses longs cheveux noirs sont détachés et on voit qu’elle est morte depuis un certain temps déjà, à la décomposition avancée de son corps. Son âme ne peut trouver le repos pour plusieurs raisons : sa mère n’a pas encore procédé à sa crémation, ses bourreaux sont toujours en liberté et elle n’est pas prête à quitter Tun.

De victime, Natre devient une protagoniste active, un esprit vengeur. Elle fait peur, elle attaque, elle manipule. Elle n’est plus la jeune fille faible du début, mais un être aux pouvoirs démesurés. Et elle entend bien aller jusqu’au bout de sa vengeance. Quand Jane et Tun vont chez sa mère pour prendre de ses nouvelles, ils apprennent sa mort. Et découvrent son corps momifié dans son lit. Ils poussent la mère à procéder à l’inhumation de sa fille et espèrent que suite à sa crémation son âme reposera en paix. Peine perdue.

C’est désormais un esprit vengeur qui pourchasse le jeune homme sans pitié aucune. L’un des moments que j’ai le plus aimé se situe à la fin, quand on comprend la cause des douleurs cervicales du jeune homme : Natre est assise sur ses épaules !!!!! Pris de panique il essaye de s’en débarrasser mais elle le pousse vers la fenêtre d’où il fait une grave chute. On le retrouve ensuite à l’hôpital où Jane lui rend visite. Elle est effarée de le trouver totalement avachi, assis sur le bord de son lit les épaules touchant quasiment ses genoux. Il ploie sous le poids de la jeune femme que nul ne peut voir. Il porte littéralement le poids de sa culpabilité. Comme elle le désirait, ils sont désormais réunis pour l’éternité.

Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom, les réalisateurs, jouent à fond la carte de la peur psychologique. Ils jouent avec nos nerfs et ceux des personnages qui tombent dans tous les pièges tendus par le fantôme, personnification de la culpabilité que Tun commence à éprouver. Plus ses remords sont importants, plus Natre semble gagner en puissance. Sa mort ne représente pas une fin, bien au contraire. Elle paraît « satisfaite » de sa nouvelle condition qui lui permet de se venger à volonté, chose qu’elle n’a pas pu faire de son vivant.

Le scénario est des plus simples et n’est pas particulièrement innovant, mais la manière dont les réalisateurs amènent l’esprit et justifient ses actions, la façon dont ils jouent avec notre perception de la réalité et l’attention portée aux détails font de ce film un must see.

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