Le mal rôde. Et il prend la forme la plus terrifiante qui soit, l’homme. Faisons une petite analyse de Ghostland de Pascal Laugier, un film à la fois terrifiant, dérangeant et incroyablement touchant.

Les agresseurs du film sont des êtres dérangés. L’un d’entre eux, le leader, capture des jeunes filles à bord d’un camion de vendeur de glace pour son complice, un adulte perturbé au comportement d’enfant avec une obsession pour les poupées. Les filles sont coiffées, maquillées et habillées comme des poupées, soumises à la volonté des deux hommes. Grotesques, elles sont objectivés au sens le plus strict du terme, complètement déshumanisées et sans vie. Pour survivre, elles doivent littéralement se figer et ne pas se faire remarquer. Elles doivent pour ainsi dire se vider de toute essence humaine.

Ghostland
© Mars Films

Beth, la fille aînée, est dotée d’une imagination débordante et fertile. Elle rêve d’être publiée. Faible au premier abord, elle va devenir une battante pour sa sœur. Pauline, leur mère, meurt en effet en réalité la nuit de l’attaque, tuée par son assaillant en essayant de défendre ses filles. La scène de sa mort est d’ailleurs très poignante et dure car on ne s’y attend absolument pas. Et depuis ce temps, les filles sont retenues en otage par ces hommes, soumises à leur bon vouloir. Dans un premier temps, Vera est celle qui prend les choses en main, les maintenant en vie. Beth préfère utiliser son imagination pour s’évader et ignorer l’horrible réalité dans laquelle elles se trouvent. Dans ses rêves, elle est enfin devenue auteure à succès, avec mari, enfant et belle maison. Elle rencontre son auteur préféré, Edgar Alan Poe qui la complimente sur la qualité de ses œuvres. Son esprit ne peut supporter la réalité, le présent, alors il s’évade. Mais elle va trouver le courage de se battre et de protéger sa sœur qui ne cesse de l’appeler pour la faire revenir dans la réalité.

Véra mûrit et prend soin de sa sœur. Frivole au début, elle s’avère posséder une grande force mentale. Lorsque Beth retrouve le chemin de la réalité et prend ensuite la relève, l’aînée assume enfin son statut, protégeant enfin sa sœur.

Ghostland
© Mars Film

Un des faits les plus intéressants du film est que la notion de temps n’est jamais clairement expliquée. On peut voir quand il fait jour et nuit, mais on ne sait pas combien de temps elles sont faites prisonnières. Parle-t-on d’heures ? De jours ? Voire plus ? Cette absence de temporalité ajoute au côté angoissant du récit. Combien de temps a duré leur calvaire ?

Le moment où Beth finit par confronter leurs agresseurs correspond à l’arrivée de la police dans la maison où elles sont emprisonnées. C’est la libération, les kidnappeurs sont tués et les filles libérées. Lorsque Beth est embarquée dans l’ambulance, elle aperçoit sa mère par la fenêtre, comme un signe qu’il est temps de se laisser aller et d’enfin aller de l’avant.

Ghostland est vraiment un film qui s’apprécie encore plus après plusieurs visionnages.

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