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Attention spoilers !!

Menotée au lit, Jessie doit à la fois trouver le moyen de se libérer et replonger dans des souvenirs qu’elle désire oublier. L’histoire passe ainsi du présent au passé. Dans le présent, Jessie n’est pas vraiment seule. Son esprit l’aide en effet à affronter la situation en faisant apparaitre Gérald après la mort de celui-ci et une autre version d’elle-même. Ces manifestations de son esprit ont une fonction bien spécifique, entre pragmatisme et vérité crue. Elle parvient ainsi à faire preuve de témérité et à ne pas baisser les bras.

Au fil de la nuit, Jessie sent une présence autour d’elle. Sombre-t-elle dans la folie ? Est-elle en danger ? Être attaché à son lit avec un cadavre perturberait n’importe qui. Et voir le corps de son mari dévoré par un chien errant affamé encore plus. La folie la guette mais Jessie s’accroche à la vie et à la raison et se bat pour trouver une solution. Car Il n’y a personne pour l’aider, Gérald ayant donné congé aux employés. Et les voisins les plus proches sont éloignés.

Les retours dans le passé ne sont pas perturbants et jouent au contraire un rôle d’importance dans la progression et la compréhension du récit. Ils permettent également d’élargir le huis-clos qui se limite à la chambre et plus particulièrement au lit. Ces scènes se déroulent en journée, ce qui les distinguent des scènes du présent qui se passent pendant la nuit. Lorsqu’elle était enfant, son père a eu des gestes déplacés à son égard durant une éclipse. Elle en est restée traumatisée et cela a influencé sa vie d’adulte, notamment dans son couple. Son père l’a convaincue de ne jamais en parler pour ne pas briser la famille. Il s’est déchargé de sa culpabilité sur elle. Dans ces souvenirs, Jessie se rappelle son enfance et plus particulièrement sa relation avec son père. Se rappeler va lui apporter la solution pour se libérer et chercher de l’aide. Elle cherche à la fois à se libérer de ses menottes et de la prison dans laquelle son père l’a enfermé. Elle a épousé Gérald, qui n’est pas sans rappeler son père. Jessie n’est donc pas seulement un huis-clos du point de vue de l’environnement, mais aussi du point de vue mental.

La manière dont elle se libère est pour le moins spectaculaire. Il faut vraiment avoir envie de vivre pour être prêt à se trancher la peau du poignet avec des tessons de verre afin retirer les menottes. J’ai aimé la manière dont la scène a été filmée, semblable à celle du romand de Stephen King, mais sans tomber dans le gore inutile ou dans l’explosion d’hémoglobine dont Hollywood a le secret. Là il y a avait bien sûr du sang, beaucoup de sang (elle s’est quand même tranchée le poignée !), mais la situation était crédible et filmée avec finesse. Elle enveloppe ensuite sa blessure dans une serviette hygiénique avant d’aller chercher du secours en voiture.

La fin du film est très bien faite car on voit Jessie, six mois après les évènements. Elle a touché l’argent de l’assurance-vie de Gérald et a crée une fondation qui vient en aide aux personnes victimes d’abus sexuels. Elle se remet peu à peu de ses traumatismes. On  comprend également que la menace qu’elle craignait était bien réelle. L’Homme du Clair de Lune est bien réel. C’est un tueur en série qui dévore certaines de ses victimes, avec une préférence pour les hommes. Jessie revient donc de très loin, après avoir vaincu ses démons intérieurs.

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