XVIIème siècle. La jeune Benedetta rejoint le Couvent de Pescia en Toscane, tandis qu’une épidémie de peste ravage la région. En grandissant, la jeune femme développe des dons de voyance et devient capable de réaliser des miracles. Vénérée par la population, Benedetta commence également à attirer l’ire des autorités religieuses.

Benedetta: afiche

Benedetta est un film fidèle à la filmographie du sulfureux Paul Verhoeven : des femmes qui succombent/luttent contre leur sexualité, des relations qui choquent, un sujet tabou. Pour être honnête, j’ai adoré ce film pour Virginie Efira, toujours impeccable et sublime dans ce film et Charlotte Rampling, royale.

Au XVIIème siècle, Benedetta Carlini est une petite fille très pieuse. Guérie d’une maladie, son père promet de la faire entrer au couvent en remerciement au Seigneur. Elle fait alors son entrée au Couvent de Pescia en Toscane. Dix-huit ans plus tard, la jeune fille s’est transformée en jeune femme, toujours aussi dévouée à la religion. Elle affirme également avoir des visions de Jésus Christ, ce dont elle est très fière.

Sa vie bascule véritablement le jour où elle fait la connaissance de Bartolomea, une magnifique jeune femme maltraitée par sa famille. Dès le départ, Benedatta est troublée par cette femme, qui lui fait douter de sa dévotion envers Jésus. Sans comprendre pourquoi, elle se sent attirée par elle. Serait-elle une tentatrice envoyée par le diable pour la détourner du droit chemin ? Plus le temps passe, plus Benedetta se sent tiraillée, finissant par tomber malade à force de lutter contre ses pulsions et envies.

Benedetta: Daphne Patakia, Virginie Efira
© Guy Ferrandis

Ses douleurs disparaissent lorsqu’elle finit par succomber à ses charmes. Dans le même temps, elle se met à afficher des stigmates du Christ. Mais certaines personnes, notamment l’Abbesse, doutent et ne croient pas à ses visions…

Benedetta est un film sur la foi et l’amour entre deux femmes. Cette relation est considérée comme tabou, car elle se déroule dans un couvent, au XVIIème siècle. Sœur Benedetta possède une foi inébranlable. Dès le départ, se pose la question de ses visions. Dispose-t-elle réellement de capacités ou perd-elle la raison ? Que se passe-t-il réellement dans son esprit ?

A chaque vision, de plus en plus violente, on s’interroge, notamment sur son intégrité. Qui est réellement Benedetta ? Que cherche-t-elle à faire exactement ? Veut-elle réellement faire le bien ou a-t-elle des motifs cachés ? Ses visions lui laissent des séquelles, souffrances qu’elle accepte avec joie. Car il faut souffrir pour prouver sa dévotion. Et sa foi ne connait aucune limite.

A la période où le film se déroule, les femmes sont considérées comme des objets. Abusées et maltraitées, elles trouvent une forme de protection au couvent, où elles se serrent les coudes. Ainsi, Benedetta est une femme forte, qui ne se soumet qu’à Jésus. Bartolomea dissimule à peine ses sentiments pour la sœur. Quant à la mère Felicita, en charge du couvent, elle dirige les lieux d’une main de fer.

Virginie Efira est tout simplement sublime. Terrifiante. Je reste bouche bée devant le talent de cette actrice qui ne cesse de surprendre et de s’améliore à chaque film. Dans Adieu les cons, elle interprétait une femme prête à tout pour retrouver son enfant. Ici, c’est jeune fille innocente et pure qui se transforme en une jeune femme séduisante. C’est une amoureuse transie qui, cependant, ne s’interroge jamais sur la véracité de sa foi. Jésus est son mari. Elle souffrira et mourra pour lui s’il le faut.

Benedetta: Virginie Efira
© Guy Ferrandis

Plus elle lutte, plus elle souffre. Ses visions, étranges, deviennent dérangeantes à mesure que son esprit combat ses pulsions envers Bartolomea. Lorsqu’elle finit par abandonner le combat, les souffrances cessent et la relation entre les deux femmes se développent. Elle se cachent à peine même si elles font preuve de discrétion. Et les visions qu’elle subit deviennent plus agréables à vivre. Et porteuses de bonnes nouvelles.

Son alchimie avec Bartolomea, interprétée par Daphné Patakia, est monstrueuse. J’en ai encore des frissons. Le coup de foudre ou de luxure entre les deux femmes est immédiat. Elles se plaisent dès le début. Alors que Benedetta cherche à lutter contre ses pulsions, Bartolomea se laisse aller. Ce qu’elle veut, elle prend.

J’ai beaucoup aimé Charlotte Rampling dans le rôle de Mère Felicita. Froide mais juste, elle dirige le couvent avec beaucoup de passion. Au début, on ne sait pas trop quoi penser d’elle. Mais plus le film avance, plus on comprend son état d’esprit. C’est une femme toute dévouée à sa foi et à ses sœurs, prête à tout sacrifier pour les protéger.

Benedetta:Charlotte Rampling
© Guy Ferrandis

Lambert Wilson est le nonce, un « Représentant diplomatique du Saint-Siège auprès d’un gouvernement étranger ». La seule présence masculine d’importance du film. Misogyne, et dédaigneux à l’égard des femmes, il tire de la jouissance de sa puissance. Cet homme n’a que du mépris pour Benedetta et ses soi-disant visions. Il n’a qu’un seul but, l’écraser et la faire disparaitre, quitte à pratiquer la torture pour obtenir des réponses. Le nonce veut les juges pour saphisme, des relations sexuelles entre femmes. Le fait qu’elles soient des religieuses rend la chose encore plus choquante à ses yeux. Cette relation est pour lui contre-nature et inacceptable et il doit donc y mettre fin. A n’importe quel prix.

Benedetta ressemble presque à un film en huis-clos. Il se déroule en effet essentiellement dans le couvent et dans les alentours directs. Pourtant, à aucun moment on ne se sent étouffé grâce à la mise en scène diversifiée et variée.

Je n’ai pas été plus choquée que ça par Benedetta. C’est un film qui va perturber les plus puritains des spectateurs mais personnellement, cela n’a pas été mon cas. On le regarde avec un certain intérêt, notamment pour le jeu des acteurs, magique.

Bande-annonce

Si vous avez apprécié Benedetta, vous pouvez aussi regarder Black Book, Portrait de la jeune fille en feu ou Elle.

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