Robert Neville est le dernier homme en vie après l’apparition d’une mystérieuse épidémie qui a tué tout le monde. Chaque jour, il puise en lui la force nécessaire pour se lever et (sur)vivre une journée de plus. Mais chaque soir, les infectés viennent le voir, l’incitant à sortir pour les rejoindre. Combien de temps encore pourra-t-il résister à la tentation de leur ouvrir la porte ?

Titre original : Je suis une légende

Auteur : Richard Matheson

Date publication : 2019

Éditeur : Folio SF

Protagoniste principal : Robert Neville

Dans Je suis une légende, Richard Matheson nous livre une œuvre extraordinaire, tellement graphique qu’il est facile de se projeter et de se mettre à la place de ce héros. Un mystérieux virus a décimé toute la population, et a transformé certains en vampires, avides de mordre le dernier homme. Que s’est-il passé ?

Le roman s’étend sur plusieurs années. Plus le temps passe, plus la solitude pèse sur Robert Neville et il s’interroge. A quoi bon continuer à vivre ? Pourquoi se bat-il chaque jour pour gagner une minute, une heure, une semaine, un mois supplémentaire ? A chaque fois qu’il songe à abandonner, l’espoir le revigore. Peut-être n’est-il pas seul ? Peut-être pourra-t-il trouver un vaccin et soigner les infectés ? Et s’il trouvait un antidote, il pourrait alors mettre fin à sa solitude. Car c’est l’une des plus grandes menaces qui le guette, la solitude. Combien de temps un homme peut-il survivre seul sans perdre la tête ?

Néanmoins, Robert a beau être seul, on ne le ressent pas dans le livre. C’est un peu comme Seul sur Mars d’Andy Weir, lorsque Mark Watney est abandonné sur la Planète rouge. Du fait des longs monologues, le lecteur n’a pas l’impression qu’il n’y a qu’un seul personnage. Ce qui en fait l’une des réussites de ces romans. Le talent de ces écrivains réside dans leur capacité à nous émouvoir avec les tourments que vivent ces survivants. Leurs émotions sont si fortes, si profondes, que l’on n’a pas le temps de réfléchir au fait qu’il n’y a qu’un seul personnage.

Robert Neville doit lutter contre plusieurs forces, certaines de son propre fait. Régulièrement, il fait le tour des maisons et sites afin de tuer les vampires pendant leur sommeil en pleine journée. Il doit se battre contre sa tendance à l’alcoolisme. Il lutte pour ne pas sombrer dans la dépression. Il se force à bouger afin de ne pas rester inactif et s’empâter. Il doit à tout prix empêcher ses pensées les plus sombres de le pousser à la faute. Ou pire encore. Mais le combat est difficile. Richard Matheson nous force à nous interroger sur nous-même. Qu’aurions-nous fait à sa place ? Comment aurions-nous réagi ? Nul ne peut le dire. Et c’est pour cela que l’on dévore les pages avec une avidité un peu malsaine. J’ai eu beaucoup de mal à ne pas aller directement à la fin tellement j’étais impatiente de savoir comment ses (mes)aventures allaient se terminer. Sans spoiler, la fin m’a prise aux tripes. Je ne m’y attendais absolument pas.

Richard Matheson nous propose avec Je suis une légende, un roman extraordinairement visuel. Je n’ai pas (encore) regardé l’adaptation cinématographique avec Will Smith, mais je n’ai eu aucun mal à m’imaginer cet homme seul luttant chaque jour pour sa survie. Ce n’est pas seulement une question de descriptions, mais également de qualité d’écriture. L’auteur veut nous faire ressentir (littéralement) les émotions et tourments de cet homme seul. La solitude le pèse au point que vivre devient un fardeau. Il n’est plus question de vie, mais bien de survie. Honnêtement, la description physique de Robert importe peu. Le plus important c’est sa psyché. Qui est Robert Neville ?

Au fil du roman, nous apprenons pourquoi Robert est le dernier homme encore en vie. Nous l’admirons alors qu’il aménage son habitation. Nous le suivons tandis qu’il vaque à ses diverses occupations. Nous l’encourageons dans ses combats contre les vampires. Et on ne peut s’empêcher de se poser la question : pour combien de temps encore ?

Si vous avez aimé le roman Je suis une légende, je vous conseille Seul sur Mars d’Andi Weir, La route de Cormac McCarthy et le film Seul au monde de Robert Zemeckis.

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