Dix personnes se retrouvent sur l’île du Soldat, une île isolée en Angleterre. Chacun est venu à l’initiative d’un certain A.N. Onyme (U.N. Owen), pour des raisons diverses et variées. Mais après la mort de deux invités, ils comprennent qu’ils sont tous en danger…

Dix Petits Negres affiche
© lifetime
  • Titre original : And Then There Were None
  • Pays : Royaume-Uni
  • Épisodes : 3 x 52 min
  • Diffusion : 2015
  • Saison : 1
  • Diffuseur : BBC One (TF1 en France)
  • Genres : Drame, Romance, Fantasy
  • Acteurs principaux : Charles Dance : le juge Lawrence Wargrave, Maeve Dermody : Vera Claythorne, Burn Gorman : le sergent William Blore, Aidan Turner : Philip Lombard, Toby Stephens : Dr Edward Armstrong, Douglas Booth : Anthony Marston     Anna Maxwell Martin : Ethel Rogers, Noah Taylor : Thomas Rogers, Sam Neill : le général John MacArthur, Miranda Richardson : Emily Brent
  • Réalisateur : Craig Viveiros
  • Scénariste : Sarah Phelps

Qui ?

Huit personnes sont invitées sur île anglaise, en provenance de toutes les classes sociales. Il y a le juge Lawrence Wargrave, la gouvernante Vera Claythorne, le sergent William Blore, le mercenaire Philip Lombard, le Dr Edward Armstrong, l’aventurier Anthony Marston, le général John MacArthur la vénérable Emily Brent. Sur place, ils retrouvent deux domestiques, Ethel et Thomas Rogers, chargés de s’occuper des tâches domestiques pendant leur séjour.

Aidan Turner, Burn Gorman, Charles Dance, Maeve Dermody, Sam Neill
© Todd Antony/BBC

Pourquoi ?

Chacun d’entre eux à été invité pour des raisons diverses. Pour rencontrer d’anciens amis, s’occuper d’enfants, mener une enquête, surveiller des invités… Ils ne se connaissaient pas avant leur réunion sur l’île, mais vont se rapprocher au fur et à mesure que les évènements se produisent.

Où ?

Tout ce petit monde est réuni sur l’île du Soldat. Localisée le long de la côte du Devon, c’est un endroit totalement isolé, uniquement accessible par bateau. L’île et les paysages offrent un visage typiquement anglais, avec de grands espaces où l’on a envie de se perdre. Les invités logent dans un super manoir encore une fois typiquement britannique. Tout est fait pour qu’ils vivent dans le plus parfait des conforts. Chacun dispose de sa propre chambre et de son propre espace privé. Ils se réunissent pour les repas dans la salle à manger, autour d’une immense table. Ils étaient dix (Dix Petits Nègres) offre sans conteste une superbe cinématographie, qu’il s’agisse de décors naturels ou intérieurs.

Aidan Turner, Burn Gorman, Charles Dance, Maeve Dermody, Sam Neill
© Todd Antony/BBC

Protagonistes et méchants ?

A la fin de leur premier dîner, ils comprennent enfin les raisons de leur présence. Une voix décrit leurs crimes et les déclarent coupables de meurtres. Le choc est brutal et quelques masques tombent. On les accuse de meurtres très variés : d’avoir renversé des enfants, d’avoir laissé mourir une jeune femme, d’avoir tué l’amant de sa femme… Certains reconnaissent leur faute quand la plupart nie leur crime avec vigueur. Tous se précipitent et découvrent qu’il s’agit d’un enregistrement sur tourne-disque. Comment cette personne peut-elle connaitre ces histoires secrètes de leur passé ? Qui est cette personne ? Et quelles sont ses intentions ? La peur les gagne petit à petit. La scénariste a fait un remarquable travail pour nous faire ressentir une certaine compassion à l’égard de ces individus accusés de meurtres. Sont-ils coupables ou accusés à tort ? Ils étaient dix (Dix Petits Nègres) est un mélange parfait de drame et de thriller, entre action et réflexion.

Les relations entre les personnages ?

Dès le premier soir, l’un d’entre eux meurt empoisonné pendant qu’ils prennent l’apéritif. Mort rapidement suivie d’une seconde pendant la nuit. Que se passe-t-il donc sur l’île du Soldat ? Et où se trouve leur hôte ? Pourquoi n’est-il pas présent ? Où se cache-t-il ? Est-il sur l’île ? Plus le temps passe, plus les morts s’enchaînent et plus l’angoisse monte. C’est alors que des alliances se nouent. Ils ne se connaissent mais sont suffisamment lucides pour comprendre qu’ils doivent s’allier s’ils veulent avoir une chance de survivre. Ils vont donc se rapprocher par affinité tout en menant l’enquête. Mais comment faire confiance à quelqu’un qui est un meurtrier potentiel ? Ont-ils vraiment le choix ? D’autant que le bateau qui devait venir apporter les provisions se fait attendre.

Un casting de premier choix

Le casting est l’un des points forts de la mini-série. Chaque acteur apporte un petit quelque-chose à l’histoire, et tous ces éléments bout-à-bout forment un récit cohérent et remarquable. Je parle ici de Charles Dance (Underworld, Game of Thrones…), Maeve Dermody, Burn Gorman, Aidan Turner (Le Hobbit, Being Human : La Confrérie de l’étrange…), Toby Stephens, Douglas Booth, Anna Maxwell Martin, Noah Taylor, Sam Neill (Jurassic Park, La leçon de piano…) et Miranda Richardson. De très bons acteurs qui ont ici la possibilité de faire étalage de leur talent. Ils partagent tous une fantastique alchimie.

Aidan Turner, Anna Maxwell Martin, Burn Gorman, Charles Dance, Douglas Booth
© Todd Antony/BBC

Une mise en scène réussie ?

J’ai été bluffée par la mise en scène de Ils étaient dix (Dix Petits Nègres) . L’alchimie parfaite entre les personnages et le jeu formidable des acteurs participent à la réussite de cette adaptation. Le réalisateur parvient à nous faire sentir la tension grandissante face à cette situation qui laisse tous les invités perplexes et effrayés. D’autant que les morts se suivent mais ne se ressemblent pas. Et personne ne peur prédire qui sera le prochain à mourir ni comment. Ce qui provoque une forte animosité entre certains personnages qui, dès le départ, ne s’appréciaient pas.

Une évolution du style ?

Au début de la série, le réalisateur nous propose des images avec beaucoup de couleurs. C’était le temps de l’insouciance avec des couleurs à la fois douces et éclatantes dans les tons chauds. Puis, à mesure que les morts s’enchainent, les invités n’ont plus de courant et ils doivent s’éclairer à la bougie. Le réalisateur s’amuse alors à jouer avec les lumières des chandelles pour nous effrayer. Nous sommes désormais dans les tons froids. Tout le monde est paranoïaque et suspicieux car le tueur est forcément parmi eux. Il ne peut en être autrement. D’abord parfaitement apprêtés et élégants, ils finissent négligés et débraillés, uniquement concentrés sur l’idée de survie. J’ai adoré suivre cette évolution tant physique que mentale. La musique participe également à l’angoisse qui joue avec nos nerfs. On attend quelque-chose. Mais quoi ? Une nouvelle mort ? Une nouvelle annonce ? Plus les morts se suivent, plus les personnages se livrent et dévoilent leur personnalité.

« On est peut-être déjà mort et on n’en a pas conscience. »

Aidan Turner, Maeve Dermody
© Todd Antony/BBC

Une adaptation fidèle au roman ?

Le récit est un drame en trois parties centré sur Vera Claythorne, la gouvernante. C’est elle que nous suivons le plus, pour des raisons qui sont évidentes à la fin. Ils étaient dix (Dix Petits Nègres) est un roman d’Agatha Christie, considéré comme l’un de ses meilleurs ouvrages. Le postulat de départ est très simple, mais sa réussite réside dans la narration et les personnages, particulièrement bien développés. C’est également l’un de ses romans sans Hercule Poirot ou Miss Marple. Il se rapproche plus du Meurtre de Roger Ackroyd. De mon point de vue, il s’agit d’une adaptation assez fidèle même si elle ne respecte pas certains éléments du roman. Ce n’est absolument pas dérangeant et très bien fait. Le fil rouge du récit est une comptine, accrochée au mur de chaque chambre. Innocente au premier abord, elle va s’avérer être beaucoup plus dangereuse qu’il n’y parait, car c’est le fil conducteur des morts. Après chaque mort, une statuette disparait, ce qui ajoute encore à l’angoisse de tous. Ils étaient dix (Dix Petits Nègres) est une adaptation qui plaira tant aux aficionados d’Agatha Christie qui ont déjà lu le roman que ceux qui ne le connaissent pas.

Burn Gorman, Maeve Dermody
© Todd Antony/BBC

Ils étaient dix (Dix Petits Nègres) est une adaptation des plus réussies du roman éponymes de Agatha Christie. Acteurs, scénario, mise en scène, rien ne manque !

Bande-annonce

Si vous avez aimé Ils étaient dix (Dix Petits Nègres), je vous conseille de lire le roman qui a servi d’adaptation, Le meurtre de Roger Ackroyd, Le crime de l’Orient Express et bien entendu la série télévisée Hercule Poirot.

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