Lorsqu’Henry, un comédien de stand-up à succès fait la connaissance d’Ann, une cantatrice à la voix d’ange, leur rencontre est étincelante. Amoureux fou, ils vivent leur passion sous le feu des projecteurs. Mais la naissance d’Annette, leur petite fille, va bouleverser leur vie.

Annette

J’en ai encore des frissons. J’avais adoré Holy motors, et je replonge avec Annette, une comédie musicale sur le destin tragique d’une famille. Tout est absolument parfait, des acteurs au scénario en passant par la mise en scène et les chansons. Je suis conquise.

Le film commence avec une séquence musicale dans laquelle on nous présente les personnages ainsi que le groupe Sparks, compositeurs de la BO et scénaristes du film. Henry McHenry fait du stand-up. Populaire, charismatique, séducteur et quelque peu terrifiant, c’est une vedette auprès d’un public qui boit ses paroles comme du petit lait. A la surprise de tous, il annonce lors d’un spectacle sa relation avec Ann Desfranoux, une soprano réputée pour la beauté de sa voix. Fragile et délicate, la soprano interprète des rôles à la hauteur de son talent. Comment deux êtres aussi différents ont-ils pu succomber l’un à l’autre ? Mystère. Au sommet de leurs arts respectifs, ils s’engagent pourtant avec passion et vigueur dans cette relation amoureuse, sous le regard des caméras.

Annette: Adam Driver, Marion Cotillard, Simon Helberg
© UGC Distribution

Henry et Ann finissent par se marier et à donner naissance à Annette, une petite fille. Adorée de ses parents, l’enfant grandit dans un environnement aimant. Pendant qu’Ann donne ses représentations, Henry s’occupe de la petite fille. A mesure que le temps passe, l’étoile de la jeune femme gagne en éclat alors que celle du jeune homme perd de sa force. Ce déséquilibre commence à peser dans les relations du couple dont l’amour vacille. Vont-ils parvenir à surmonter leurs difficultés ?

Oh la la. Leos Carax a encore une fois sévi. Avec la plus grande des réussites ! Annette est une comédie musicale dramatique qui nous fait suivre le destin d’une famille alors que le bonheur et la tragédie la frappent. J’ai d’abord été surprise par les moments chantés, puis je suis rapidement entrée dedans. En écoutant les paroles, on entre plus facilement dans la psyché des personnages et on comprend mieux leurs émotions. Le groupe Sparks a fait un travail fabuleux avec les chansons. Je sens déjà que les vais les écouter en boucle.

Les acteurs se sont donnés beaucoup de mal pour entrer dans leurs personnages. Ce ne sont pas les meilleurs chanteurs, ce n’est pas ce qu’on leur demande, mais ils sont parfaitement crédibles et donnent vie à leurs personnages. Leurs voix sonnent particulièrement bien ensemble. Ils sont en harmonie.

Adam Driver est littéralement maléfique. Terrifiant. Dérangeant. Il ressemble au gourou d’une secte qui a une emprise totale sur ses fidèles. Plus il perd son succès, plus il devient agressif et violent en paroles. Déjà, dès l’introduction de son personnage Henry, on comprend tout de suite qu’il y a un problème chez cet homme. Tel un trou noir, il semble aspirer toute vie et humanité chez les personnes qu’il croise. Sa voix est grave et puissante.

Annette: Adam Driver
© UGC Distribution

Marion Cotillard est impeccable comme toujours. Son personnage, Ann, vit un destin des plus tragiques. A mesure que le film avance, on découvre que son histoire est semblable à celle d’un personnage d’une tragédie grecque. Femme d’apparence délicate, elle possède néanmoins une volonté forte et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Sa voix est douce mais puissante.

Annette: Marion Cotillard
© UGC Distribution

Simon Helberg est le chef d’orchestre, celui qui accompagne Ann dans tous ses spectacles. Secrètement désireux de conduire son propre orchestre, il n’en est pas moins heureux de travailler avec la cantatrice pour laquelle il éprouve une grande admiration. Et un peu plus. Il est la voix de la raison et sa voix fait office de contrepoids entre celle d’Ann et d’Henry.

La petite Annette est une enfant comme les autres. Jusqu’à ce qu’elle fasse entendre sa voix. Et là, on reste muet d’admiration devant cette petite fille qui aime faire plaisir à son père et adore sa mère. Il faut un peu de temps pour s’habituer à son apparence, mais une fois que c’est fait, on oublie vite et on n’y fait plus vraiment attention. Elle a une voix d’ange.

La relation entre Adam et Ann commence très bien, mais le couple déchante lorsque leurs succès ne suivent plus la même trajectoire. Elle est au firmament pendant que lui devient père au foyer. Certes, il adore Annette, mais il envie sa femme, quitte à en devenir agressif envers elle. Leur relation en devient même toxique. Encore une fois, Adam Driver est vraiment dérangeant, je ne le répète pas assez. Ses paroles, son comportement, ses problèmes d’alcool, il m’a fait super peur.

Annette: Marion Cotillard, Adam Driver
© UGC Distribution

Je vais être honnête. J’ai eu un peu de mal à entrer dans le film. La faute à un très très très long monologue d’Henry qui nous fait son spectacle dès le début du film. Pendant une bonne dizaine de minutes, il raconte des blagues qui ne sont pas drôles et fait preuve d’une certaine cruauté que le public du film adore. Au point d’en redemander. J’ai pour ma part été très mal à l’aise et je n’ai pas compris pourquoi Leos Carax nous imposait ça. Mais plus le film avance, et plus j’ai compris ses intentions : nous fait comprendre les émotions et pensées d’Henry, un personnage complexe. Sans cette scène, je pense que je ne l’aurais pas aussi bien cerné. Vous devez donc tenir. Je vous garantie que cela en vaut la peine.

La mise en scène d’Annette est très théâtrale. Leos Carax donne l’impression de nous présenter une pièce de théâtre filmée, un peu comme Dogville de Lars von Trier. J’ai adoré. Tout est vraiment conçu pour donner l’impression que nous assistons à une tragédie grecque au final funeste. La petite famille vit isolée de tout et de tous dans une maison dans la forêt. Leur habitation semble se fondre dans la végétation, un peu comme s’ils cherchaient à se cacher du monde. Pour vivre heureux, vivons cachés dit le proverbe.

Je ne vous spolierai pas, mais la scène de fin entre Henry et Annette m’a donné des frissons et m’a presque ému aux larmes. C’est un véritable cri du cœur que lance la petite fille au destin tragique.

Soyons honnête. Annette n’est pas un film pour tous. Certains d’entre vous vont détester. D’autres vont rester de marbre. Mais si, comme moi, vous vous laissez prendre par la main et guider par les paroles et chansons, alors vous allez vivre un merveilleux moment.

Bande-annonce

Si vous avez aimé Annette, lancez-vous dans Holy motors ou Dogville.

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