Neuf tranches de la vie quotidiennes à Téhéran. Très rapidement, on réalise qu’on ne vit pas en Iran, on survit sous la surveillance de l’État qui s’immisce dans le moindre détail de la vie des habitants.

Chroniques de Téhéran : affiche

Dans Chroniques de Téhéran, Ali Asgari et Alireza Khatami nous présentent un recueil d’histoires qui relatent la vie des habitants de Téhéran. Au fil du film, on comprend que les habitants n’ont pas le choix, toute désobéissance étant réprimandée et punie.

Neuf histoires, neuf vies

Un homme vient déclarer la naissance de son fils. Une mère fait du shopping avec sa fille pour la rentrée. Une élève doit se rendre dans le bureau de la directrice. Une jeune femme nie avoir commis une infraction de la route. Une jeune fille passe un entretien d’embauche. Un jeune homme vient chercher son permis de conduire. Un homme au chômage postule à une annonce. Un réalisateur fait une demande d’autorisation de tournage. Une femme se rend au poste de police pour retrouver son chien.

Une vie à Téhéran

Ali Asgari et Alireza Khatami ont fait le choix de raconter neuf histoires différentes les unes des autres. On passe d’une femme mariée à une jeune célibataire, d’un jeune homme à un homme d’âge mûr. Toutes les classes moyennes sont représentées. Ils partagent tous un point commun, l’absurdité de la situation dans laquelle ils se trouvent. Ils se présentent devant leur interlocuteur plein de bonne foi, et font face à des personnes intransigeantes, qui sont persuadées d’être dans leur bon droit. La loi est la loi, aucune dérogation n’est possible ou envisageable. Un bon Iranien doit obéir et ne pas faire de vagues.

Chroniques de Téhéran
© TAAT FILMS

Chroniques de Téhéran, chroniques de la vie quotidienne

Nommer son fils est un parcours du combattant, David n’étant pas considéré comme acceptable. Il faut un prénom iranien ! S’ensuit une scène ubuesque dans lequel un père cherche à négocier afin de pouvoir choisir le prénom de son choix. Nous avons également une mère qui fait du shopping avec sa fille afin d’acheter une tenue « correcte » pour la cérémonie d’école de cette dernière. Alors qu’elle danse devant un miroir en écoutant de la musique, elle fait des aller-retours entre le miroir et sa mère, de plus en plus couverte et voilée. Et son sourire et son enthousiasme diminuent à mesure qu’elle découvre sa tenue. N’oublions pas cet homme qui pense passer un entretien d’embauche et qui se retrouve finalement à passer un test religieux On ne juge pas ses compétences professionnelles, mais ses connaissances religieuses Et ainsi de suite.

Une comédie de l’absurde

Chroniques de Téhéran joue sur l’absurdité des situations. Les acteurs font face à la caméra et font de leur mieux pour essayer de vivre leur vie dans un pays qui contrôle le moindre de leurs gestes. Les situations sont plus ridicules les unes que les autres et chaque personnage s’en sort plus ou moins bien. Parmi eux figurent une jeune écolière accusée d’avoir une conduite « immorale » avec un jeune homme. Une jeune fille bien comme il faut ne peut pas être vue en public avec une personne du sexe opposé. La fin de l’histoire est particulièrement savoureuse. Chaque personnage fait face à une situation devant laquelle il est dépourvu. On a l’impression que la logique du gouvernement consiste à dire « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ».

Chroniques de Téhéran
© TAAT FILMS

Une mise en scène pleine de simplicité

Toutes les scènes se déroulent de la même façon. Un personnage vient se placer face à la caméra et son interlocuteur reste toujours hors-champs, on ne le voit jamais. On entend sa voix, on voit la frustration des personnages, mais les deux n’apparaissent jamais ensemble devant la caméra. La mise en scène Chroniques de Téhéran est puissante de simplicité, et dès lors, le spectateur n’a d’autres choix que de se concentrer sur le dialogue et la situation. Chaque personnage est présenté par son prénom sur un fond noir. On ne peut pas faire plus simple ni plus efficace.

Ali Asgari et Alireza Khatami ont fait le choix du film à sketchs pour faire une critique de la vie à Téhéran, dans un film distribué par ARP Sélection .

Vous avez aimé Chroniques de Téhéran ? Jetez-vous sur Sept hivers à Téhéran, Leila et ses frères et Une séparation.

Chroniques de Téhéran

Bande-annonce

You may also like

Leave A Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *