On peut critiquer la Chine sur beaucoup de choses. Mais elle dispose d’une offre cinématographique des plus variées et appréciables. Petit tour d’horizon de 10 films chinois à ne pas manquer.

In the mood for love

Ce film de Wong Kar Wai est un incontournable du cinéma chinois. Nous suivons Mr. Chow Mo-wan et Mme Chan Li-zhen qui se rapprochent quand ils découvrent que leurs époux respectifs ont une liaison. La beauté de ce film réside dans l’évolution des sentiments de ces deux personnes qui ne savent comment réagir face à au comportement de leurs conjoints. Et dans l’élégance des costumes de Mme Chan qui illuminent l’écran. In the mood for love n’a pas vieilli d’un poil depuis la première fois où je l’ai vu. C’est la définition parfaite de film intemporel.

Coming home

Avec Coming home, Zhang Yimou nous livre une œuvre forte et des plus touchantes. A l’époque de la Révolution culturelle, Lu Yanshi, le mari de Feng Wanyu a déjà passé 10 ans dans un camps de rééducation. Il réussit un jour à s’échapper et donne rendez-vous à sa femme dans une gare. Mais le couple est dénoncé aux autorités par leur fille. Lors de l’arrestation de son mari, Feng Wanyu est bousculée et devient amnésique suite à sa chute. A la fin de la Révolution culturelle, Lu Yanshi est libéré et retourne voir sa femme. Mais celle-ci, maltraitée et battue par les autorités, ne le reconnait pas et va l’attendre à la gare tous les 5 du mois. Celui-ci décide alors de passer du temps à ses côtés en espérant vainement que sa mémoire lui revienne. La dévotion de chacun des époux m’a profondément marqué. C’est un film qui mérite plus de reconnaissance.

Une pluie sans fin

Nous sommes en 1997, a quelques mois de la rétrocession de Hong Kong. Yu Guowei est le chef de la sécurité dans une vieille usine du Sud de la Chine. Lorsque survient une série de meurtres, il décide de mener l’enquête en parallèle de la police. Lancé sur la piste du tueur, il va se révéler pugnace. Et son entêtement va se transformer en obsession. Une obsession qui va le transformer. Et pas de la bonne façon. Dong Yue réalise avec Une pluie sans fin un thriller des plus réussis, où il aborde également le sujet de la transformation sociétale de la Chine et ses conséquences sur la population.

Tigre & dragon

Ang Lee à l’apogée de son art ! Dans la Chine du XIXème siècle, le virtuose des arts martiaux Li Mu Bai possède une épée magique très convoitée, appelée « Destinée ». Lors las des combats il décide de se retirer, il souhaite confier son épée à sa disciple Shu Lien, dont il est secrètement épris. Celle-ci doit remettre l’arme au Seigneur Te. Mais elle se fait dérober l’épée. A la résidence du seigneur, elle fait la connaissance de Jen la fille du gouverneur Yu. Mais la jeune femme cache un secret : elle travaille pour le terrible Jade « La Hyène » et est responsable du vol de « Destinée ». Li Mu Bai et Shu Lien se lancent alors à la poursuite de la jeune femme et de l’épée.

Si vous ne connaissez pas ce film, même de nom, alors il y a un problème. Tigre & dragon a fait connaitre le genre du Wu xia pian (film d’épée chinois) à l’international. Esthétiquement, c’est une pure merveille. Ajoutez à cela un scénario solide, des acteurs au sommet et une réalisation au point, et vous comprendrez de que je parle.

Hero

Il y a très longtemps, la Chine était divisée en sept royaumes. L’un d’entre eux, le roi de Qin était obsédé par l’unification des royaumes et par l’envie d’en devenir le premier empereur. Pour le stopper dans ses envies de conquêtes, les autres royaumes envoyèrent des assassins dont le simple nom faisait trembler : Lame Brisée, Flocon de Neige et Ciel Etoilé. Un beau jour, le mystérieux Sans Nom se présente devant le roi de Qin en lui racontant avoir tué les 3 guerriers. Assis devant le monarque, Sans Nom raconte son récit. Une claque visuelle. Hero est sans conteste l’un des plus beaux films que j’ai jamais vu. Les jeux des couleurs, les relations entre les personnages, les costumes, la cinématographie. C’est incroyable. Du début à la fin, Zhang Yimou nous fait vibrer.

Infernal affairs

Andrew Lau et Alan Mak sont à la barre de ce thriller haletant qui tourne autour du destin de deux personnages. Ming est un membre d’une triade infiltrée au sein de la police de Hong Kong. Yan est pour sa part un policier infiltré depuis 10 ans dans les triades. L’un comme l’autre commence à souffrir de cette situation dont ils aimeraient se sortir. Les frontières deviennent flous entre le bien et le mal, entre la loyauté et l’envie. Une fois que l’on est plongé dans le milieu, on ne peut plus s’arrêter. Infernal affairs nous entraîne dans un univers où l’on ne sait plus à qui se fier et où ne peut compter que sur soi-même. Pour info, le film a été suivi par deux suites, Infernal Affairs 2 et Infernal Affairs 3.

L’hirondelle d’or

L’hirondelle d’or est un film particulier dans lequel l’héroïne se fait pour un temps passer pour un homme. Tout commence lors d’un transfert de prisonniers qui tourne mal. L’escorte est attaquée par des bandits qui, furieux de ne pas trouver le prisonnier qu’ils espéraient, capturent le leader, qui s’avère être le fils d’un magistrat. Ce dernier dépêche sur place son autre enfant, sa fille surnommée L’hirondelle d’or. Cet agent redoutable est chargé de faire la lumière sur toute l’affaire et de récupérer son frère. King Hu a réalisé l’un des plus beaux films de sa filmographie avec L’hirondelle d’or. Il joue beaucoup sur la dissimulation et les faux-semblants.

Épouses et Concubines

Encore un film de Zhang Yimou. J’avoue, j’ai un (gros) faible pour certaines de ses œuvres. Dans la Chine des années 1920, Songlian, 19 ans, est choisie pour devenir la quatrième concubine de Maître Chen, un riche homme d’affaires. A son arrivée, elle est présentée aux autres femmes et initiée aux règles de la vie domestique. Chaque soir, le maître fait allumer une lanterne rouge devant les appartements de l’épouse avec laquelle il compte passer la nuit. Bientôt s’engage une lutte sans merci pour gagner et conserver les faveurs de Maître Chen. Chacune des femmes va révéler son vrai visage et tout faire pour conserver son statut et sa place au sein de la domesticité.

Adieu ma concubine

Chen Kaige révèle tout son talent dans Adieu ma concubine. Douzi et Shitou font connaissance à l’académie de l’opéra de Pékin. Amis au premier regard, ils sont les acteurs principaux de l’opéra « Adieu ma concubine. Alors qu’ils sont de plus en plus proches, Douzi tombe amoureux de son ami, qui lui préfère les charmes de Juxian, une prostituée. Quand celui-ci lui annonce son intention d’épouser la jeune femme, leur amitié va en prendre un coup et changer pour le pire. Adieu ma concubine est une fresque historique, qui aborde notamment l’occupation japonaise, racontée à travers l’amitié entre ces deux jeunes gens que la vie va séparer.

Les Éternels

Jia Zhangke retrace le parcours de Qiao et Bin. Qiao est amoureuse du jeune homme, chef de la pègre locale de Datong. Elle va jusqu’à faire de la prison à sa place. A sa sortie, elle tente de renouer avec lui mais il la repousse. Dix ans plus tard, la jeune femme, célibataire, vit selon les valeurs et codes de la pègre. C’est alors que Bin, usé par la vie, refait surface, à la recherche de la seule femme qui ait jamais compté pour lui. Les Éternels n’est pas une simple histoire de pègre ou d’amour, c’est également un récit sur la loyauté et le respect des valeurs. Qiao a toujours respecté les règles, quitte à se faire des ennemis. Le prix qu’elle a dû payé s’est avéré très lourd à porter.

Découvrez ces films qui vont vous donner un premier aperçu du cinéma chinois, qui gagne à être plus connu.

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